Les seniors venaient de prendre la décision de leur vie : s'enfuir, s'évader de Leavenworth. Mais une décision ne faisait pas tout, et Margareth s' interrogeait sur le plan qui leur permetterait de sortir d'ici.
Eugène restait septique, mais avait eu une idée.
— Le seul obstacle, c'est le gamin.
En effet, Billy Peters était constamment en train de les observer, jusque dans leurs conversations. Il fallait donc éliminer cette menace avant le jour de l'évasion. Mais par quelle issue allaient-ils s'échapper ?
Richard, qui basculait sur son fauteuil, intervint.
— Il n'y a pas trente-six solutions, c'est soit la porte, soit les fenêtres de chambres.
Mais Louisa se souvint d'une chose capitale.
— Et pour mes médicaments ?
Ce fut la stupeur. Les médicaments. Sans eux ils ne resteraient pas longtemps en dehors de la maison de retraite. Margareth trouva une solution. IL fallait réussir à prendre la clef de l'infirmerie de l'établissement pour pouvoir faire des provisions de cachets le temps de subsister jusqu'a trouver une pharmacie à l'exterieur. Ils en profiteront aussi pour prendre un peu d'argent.
Les séniors allaient continuer de paufiner leur plan quand un évenement se produit. Billy Peters fit une annonce.
— Chers locataires de cette pension, j'ais l'honneur de vous présenter une nouvelle amie ! criait-il à travers la piece. Elle s'appelle Hilda !
Une vielle femme en fauteuil roulant apparu. Elle avait les traits tirés et une expression de mauvais caractère sur le visage. Elle ne souriait pas.
Mary s'approcha.
— Bonjour ! Bienvenue à Leavenworth ! Tu verras, c'est pas si mal. Veux-tu voir ta chambre ?
Hilda, qui prit un air de dégout, mélé à de la rage, répondit.
— Je ne veut pas vous parler, je vous hais ! Laissez moi tranquille !
Surprise, Mary étouffa un sanglot et se jetta sur Margareth, qui la consolait avec difficulté.
Eugène soupira.
— Elle a l'air sympathique...
Billy commencait à bailler.
— Bon, je vois que vous discutez alors je vous laisse mais ne faites pas les mariolles !
Et il partit se chercher un café sans sucre.
Le lendemain, à midi, les vieux mangeaient leur purée ensemble, toujours avec l'évasion comme sujet de discution. Marge essayait de parler sous les cris d' Hilda, qui était assise à une table au fond de la salle et n'aimait pas du tout la soupe. Billy arriva aussitôt.
— Qui y a-t-il ? La vielle femme cracha dans son assiette pour manifester son mécontentement.
— J'n'aime pas vos saloperies ! Et je vous hais !
Billy levait les yeux aux ciel.
— T'as pas le choix ! Je vais sévir si tu ne t'arret...
La vieille continuait de l'insulter d'une voix faible mais bruyante.
Il prit une seringue et lui injecta de la morphine. Elle se calma automatiquement.
Témoins de la scène, les séniors se dépechèrent de manger leur purée, ou leur soupe, on ne savait pas trop.
Plus tard dans la journée, Hilda fit rouler sa chaise vers les cinq amis et demanda avec curiosité.
— De quoi vous parlez ?
Eugène réagit avec habilité.
— De l'évolution de l'économie en Slovaquie.
Elle ne répondit pas et retourna s'isoler à sa place, en grommelant. Elle semblait, s'interser mystèrieusement à eux.
Margareth conclu la conversation avec des mots sur leur évasion.
— Bon, normalement on devrait sortir d'ici dans à peu près une semaine. On fera ça Jeudi, non Mercredi soir. Continuez à réfléchir là dessus et restez discrets.
Ses quatres amis approuvèrent et quittèrent la table.
Tout semblait parfait. Tout. La sortie était proche, bien que le plan n'avait pas encore été appliqué. Mais, alors que Margareth se préparait à faire une petite sieste, quelqu'un frappa à la porte.
— Entrez, répondit Marge.
Et ce fut Hilda qui entra, avec la même expression haineuse sur le visage, assise sur son fauteuil.
— Que me veux-tu ? demanda-t-elle froidement à Hilda, qui avait vexé son amie Mary.
— Je voudrait faire partie de votre évasion.
Marge n'en crut pas ses oreilles. Elle fut tétanisée. Tremblante, elle tenta de bluffer.
— De quoi veux-tu parler ?
— Ne fais pas semblant. J'ais tout entendu de votre petite conversation de tout à l'heure. Alors maintenant, voici ce que je propose. Soit, je part avec vous cinq, soit je vous dénonce aux gamins qui dirige cet établissement.
Margareth fut pétrifiée. Elle n'arrivait plus à prononcer le moindre mot.
— Alors, ta réponse ?